Mamadou Touré : La démission de Soro n’est « pas du tout » un coup dur pour Ouattara

Mamadou Touré
Mamadou Touré

Mamadou Touré, porte-parole adjoint du RHDP a été interrogé par France 24, après la démission de Soro le vendredi 8 février 2019 de la présidence de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

Pouvez-vous confirmer que Alassane Ouattara a tenté de raisonner Guillaume Soro?

Le président Alassane Ouattara a estimé que le Président Guillaume Soro a été élu d’abord entant que RDR en 2013, il a été élu entant que RHDP en 2016. Et à ce titre, il a eu le soutien de l’ensemble des députés du RHDP pour être à la tête de l’Assemblée nationale. Guillaume Soro à l’occasion de l’Assemblée générale constitutive du RHDP avait donné son accord au président Alassane Ouattara pour faire partie du parti unifié. Puisque par l’entremise du Ministre Sidiki Konaté, il avait promis d’envoyer ses documents en qualité de membre fondateur. Ce qui ne s’est pas passé. Le Président a estimé que la famille naturelle du président Guillaume Soro conformément à ses engagements politiques ces dernières années était le RHDP.

Est-ce un coup dur pour le Président Alassane Ouattara et le RHDP?

Non. Pas du tout. Nous pensons que le jeu politique a besoin de clarté. Guillaume Soro l’a exprimé lui-même. Ses convictions politiques ne sont pas conformes au RHDP. Vous savez dans tous les pays au monde, dans toutes les démocraties au monde, le président de la chambre parlementaire est issu de la majorité parlementaire. Aujourd’hui la majorité de notre assemblée nationale avec près de 164 députés sur 252 est du RHDP. Il est tout à fait logique que le président de l’Assemblée nationale soit issu de la majorité parlementaire. A partir du moment où Guillaume Soro ne se reconnaissait pas dans cette majorité parlementaire, c’est une logique qu’il rende sa démission et que le RHDP élise un président de l’assemblée nationale issu de la majorité.

« Le jeu politique a besoin de clarté »

Guillaume Soro reste une figure importante de l’entourage de Alassane Ouattara. Est-ce qu’à 1 an de la présidentielle de 2020, avez-vous une figure pour mener le RHDP aux futures élections ?

Le champion du RHDP, le chef du RHDP s’appelle Alassane Ouattara. Qui travaille à consolider le RHDP. Vous savez que nous sortons d’une élection qui a clairement donné une majorité au RHDP. Plus de 60% des élus de l’ensemble de ces deux élections, nous sommes la seule formation politique à avoir eu des candidats et des élus sur l’ensemble du territoire national. Aujourd’hui le président pense que c’est dans l’union des enfants d’Houphouet-Boigny et le rassemblement des Ivoiriens que nous pourrons gagner. Mais nous le ferons avec ceux qui partagent nos convictions et qui pensent comme nous que la stabilité et la paix sont le socle sur lequel le développement doit se poursuivre. Pour les élections de 2020, entant que 1ère formation politique en Côte d’Ivoire et au regard des résultats des élections passées, le RHDP est très serein. Nous remporterons les élections de 2020 au regard des résultats obtenus au cours des élections locales.

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Charles Blé n’a toujours pas eu de pays d’accueil depuis sa liberté sous caution. Est-ce que la Côte d’Ivoire est prête à l’accueillir ?

Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo continuent d’être sous procédure de la CPI, cette cour pénale à elle-même définit les conditions de leur libération, entre autres conditions, les aspects liés au pays de résidence qui relève du greffier en chef de la Cour pénal internationale. Nous n’avons pas de commentaire particulier sur les procédures internes à la CPI.

Et pour le Retour probable de Luarent Gbagbo?

A partir du moment où la CPI a confié au greffier en chef de la CPI les initiatives sur cette situation, je pense qu’il faut laisser le greffier en chef.

Les Ivoiriens veulent avoir une réponse surtout les victimes proches de Laurent Gbagbo?

Certainement vous avez bien indiqué. Il y a des ivoiriens qui veulent que Charles Blé Goudé ou Laurent Gbagbo puissent rentrer. Il y a aussi des, vous l’avez remarqué, depuis maintenant toutes les semaines, nous avons des manifestations des victimes à Abidjan contre la libération et le retour de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. C’est pour cela nous disons que c’est une situation qui ne peut pas être traitée aussi facilement. Il faut s’en tenir aux procédures définies par la CPI et rester dans les limites définies par la Cour pénale internationale.

Retranscrit par Elvire Ahonon (France 24)

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