Hué par ses propres sujets : Le roi politicien des N’zima est-il encore légitime ?

La visite d’amitié et de travail de trois jours effectuée par la Gouverneure Générale du Canada, , s’est achevée le dimanche 28 octobre 2018, à Grand Bassam en queue de poisson, le roi des N’zima encore hué.

Une marée humaine vêtue de rouge a hué sa Majesté , au sortir de son entretien avec la délégation canadienne accompagnée du vice-président Daniel Kablan Duncan. La tension est encore montée d’un cran cet après-midi du 28 octobre 2018 à Grand-Basssam.

« Le roi voleur, le roi voleur, le roi voleur », ainsi scandait une centaine de personnes tout de rouge vêtue au moment où sa Majesté Désiré Tanoé Amon Awoulaé et sa suite accompagnaient hors du palais royal la délégation canadienne conduite par la Gouverneure Générale, Julie Payette et le vice-président Daniel Kablan Duncan. En effet, les contestations nées des élections municipales contestées par les partisans du maire sortant, Georges Philippe Ezaley, ne se sont pas encore tues.

A lire aussi : Exclusif / Sa Majesté Amon Tanoé parle : ‘C’est Ezaley lui-même qui s’est mis la corde au cou, il lui suffisait d’accepter d’être RHDP»

Le Roi des , Désiré Tanoé Amon Awoulaé, en a fait les frais ce dimanche 28 octobre 2018, alors qu’il recevait la délégation canadienne. En effet, des populations favorables au président de l’USC Bassam n’ont pas encore oublié les élections du 13 Octobre 2018. « Nous avons apporté notre soutien ce jour au Maire Ezaley Georges, candidat du PDCI-RDA de Bassam », fait remarquer un manifestant.

En effet, certaines populations accusent sa Majesté d’avoir pris parti pour le candidat du RHDP, Jean Louis Moulot, déclaré vainqueur des élections municipales 2018, à Grand Bassam alors que rien ne présageait cette victoire. Arrivée en Côte d’Ivoire le vendredi 26 octobre 2018, Julie Payette a été reçue en audience par le président Alassane Ouattara avant de se rendre à Djekanou.

L’ cette fête traditionnelle célébrant le peuple N’Zima, organisée tous les ans à , devait initialement se tenir du 20 octobre au 10 novembre 2018 est vivement menacé. Car depuis l’annonce par la Commission électorale de la victoire du candidat du RHDP, Jean-Louis Moulot, face à son adversaire du PDCI, Georges Philippe Ezaley, à l’élection municipale du 13 octobre, la cité balnéaire est en ébullition.

Les partisans du maire sortant contestent toujours les résultats des urnes. Le dimanche 21 octobre, le roi des N’Zima, Désiré Tanoé Amon Awoulaé, avait tenté de ramener le calme en organisant une rencontre au palais royal, au cours de laquelle il avait reproché à Ezaley d’être responsable de ses propres malheurs, parce qu’il n’avait qu’à accepter d’être RHDP.

« C’est lui-même qui s’est mis la corde au cou. Il lui suffisait de dire OK, j’accepte d’être tête de liste RHDP, nous serions en train de parler de l’ en ce moment. En politique, quand on pose un acte, il faut l’assumer », avait-il lancé, au grand dam de ses notables. Avec ce nouveau crime de lèse-majesté, la question qui se pose est : le roi des N’Zima est-il encore légitime à la tête de son propre royaume, lui qui dirige la Chambre nationale des rois et chefs traditions de Côte d’Ivoire ?

Karina Fofana

Contestations postélectorales à Grand-Bassam : L’Abissa 2018 menacée !

Personnalités liées avec l’article