Emile Guiriéoulou : « Nous sommes venus préparer le retour de Gbagbo, pas à cause de l’amnistie »

Emile Guirieoulou

vous propose de larges extraits des propos d’ le président de la coordination du Front populaire Ivoirien () en exil, à l’occasion du retour à Abidjan, de plusieurs personnalités pro-, du Ghana, ce jeudi 31 janvier 2019.

Je voudrais vous signaler qu’en raison de notre arrivée tardive, la suite de notre délégation est encore en train de faire les formalités avec le HCR et on espère qu’ils pourront nous prendre en marche.(…) Sur notre parcours, les militants du Front populaire sont sortis nombreux et au-delà d’eux, je peux dire que les populations sont sorties nous accueillir, nous acclamer.

Déjà à , une fanfare était là avec les chefs traditionnels malheureusement, nous n’avons pas pû les saluer parce qu’on ne savait pas leur présence et l’escorte nous a empêché de nous arrêter pour les saluer (…). A , les populations nous ont obligés parce qu’ils ont barré la route. A Aboisso, nous avons mis une heure pour traverser. A vous savez c’est . A Moossou après le pont les gens étaient là. Notre joie est grande de retrouver notre pays après huit bonnes années d’absence.

Mais en même temps, notre joie aujourd’hui est un peu altérée. Parce que ce retour, nous avons commencé les préparatifs avec notre grand camarade, le gardien du temple (…). Notre joie est aussi entachée de peine parce que certains de nos camarades qui ont nourri très longtemps ce projet de retour, n’ont pas pu être avec nous aujourd’hui. Ils nous ont devancés dans des circonstances troublantes. (…).

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Chers camarades pour expliquer ce qui a motivé notre retour, il est bon de rappeler pourquoi nous sommes restés en exil. Lorsqu’en avril 2011, beaucoup d’entre nous, pour sauver leur vie, ont voulu prendre le chemin de l’exil où nous nous sommes retrouvés pour la plupart au Ghana.

Et c’est là que constatant que nous étions un certain nombre de cadres du parti, nous avons décidé de créer la coordination FPI en exil et mis à sa tête le secrétaire général Assoa Adou. Il y a plusieurs raisons qui ont motivé. La première est qu’à cette époque, des débats avaient été entamés dans la presse sur la dissolution du FPI en tant que parti politique. Des gens n’hésitaient pas à donner l’exemple de la Tunisie (…).

Nous nous sommes dits que le FPI ne peut pas disparaître et le FPI ne disparaîtra jamais. Et donc les cadres du parti que nous sommes, nous nous sommes organisés pour donner un signal au pouvoir d’Abidjan que même ce que vous allez décider, si vous emprisonnez tous nos camarades, le FPI vivra à partir du Ghana. Une fois créé, nous nous sommes donnés un certain nombre d’objectifs.

L’un de ces objectifs étaient de nous battre pour que nos camarades en prison ici en Côte d’Ivoire à ce moment, le président Laurent Gbagbo n’avait pas encore été déporté à la CPI, recouvrent la liberté (…). Lorsque la presse nous a interrogé aujourd’hui depuis Noé jusqu’à Abidjan, ils nous ont dit qu’est-ce qui vous a fait rentrer, j’ai dit nous sommes rentrés parce qu’ils nous ont acquittés.

Ce n’est pas à cause de l’amnistie que nous sommes venus. C’est parce que notre chef a été acquitté et quand il est acquitté, c’est nous tous qui sommes acquittés. Nous sommes venus nous mettre à la disposition du parti, nous sommes venus pour préparer le retour triomphal du président Laurent Gbagbo.

Propos retranscrits par Prince Beganssou