Gon Coulibaly : Voici l’intégralité de sa conférence sur le social qui a éludé les vraies questions sociales

Amadou Gon Coulibaly en conférence de presse le lundi 17 septembre 2018
Amadou Gon Coulibaly en conférence de presse le lundi 17 septembre 2018

Dans sa volonté d’informer les populations ivoiriennes sur l’action gouvernementale, le premier ministre , ministre de l’Economie, des Finances, du Budget et du Portefeuille de l’Etat, a animé une conférence de presse le lundi 16 septembre 2018. Le thème était « Le social au cœur de l’action gouvernementale ». Mais aussi curieux que cela, les vraies questions sociales (cherté de la vie, frais d’inscription à l’école, université paralysée, logements sociaux, etc.) ont été éludées, aussi bien par les journalistes présents que par le chef du gouvernement. 

Amadou Gon Coulibaly qui avait à ses côtés l’ensemble des membres de son gouvernement a, à cette occasion, débattu avec les journalistes venus en grand nombre, sur des questions d’ordre sociopolitique et économique de l’heure.  Il a, entre autres, passé en revue l’action gouvernementale et présenté les défis auxquels le gouvernent devra s’atteler à relever. Ci-après de larges extraits de la conférence.

, : A propos du Rhdp, n’est-il pas mieux pour une coalition qui marche que d’un parti unifié plutôt bancal ?

Il est bon de faire juste une petite historique. En 2005, comme vous le savez, une plateforme entre les partis membres du Rhdp a été signée. Nous avions-là un accord électoral qui indiquait que pendant les élections, les partis membres du Rhdp soutiendraient le parti qui arriverait en tête au premier tour de la consultation de la présidentielle comme on l’avait espéré le plus rapidement.

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En fin de compte en 2010, il y avait eu les élections présidentielles et les accords de cette plateforme ont marché. Au deuxième tour des élections, tous les membres du Rhdp ont soutenu le candidat qui était arrivé en tête. En 2015, nous avons franchi un pas supplémentaire en formalisant un groupement politique conforme aux dispositions légales des statuts et règlement des groupements  politiques.

Les statuts et règlement du groupement politique ont été déposés au ministère de l’Intérieur et de la sécurité. Ce groupement politique avec les statuts déposés avait pour objet trois missions. Le premier : de manière explicite, tous les partis membres du Rhdp ont signé les statuts ce groupement politique.

 » le directoire du Rhdp a été instruit par le président de la conférence des présidents du Rhdp à l’effet de travailler sur les statuts et les règlements intérieurs du parti unifié »

Il  avait pour objectif de promouvoir les idéaux du Président Félix Houphouët-Boigny,   deuxième d’aller à toutes les élections en Rhdp et troisième de créer le parti unifié. La volonté commune de tous les partis membres du Rhdp matérialisé en 2015 à travers des statuts et règlement signés et déposés au ministère de l’Intérieur  qui indiquait que nous devrons réaliser ensemble les trois objectifs cités plus haut.

C’est une décision commune. Cela a été fait en 2015 et la première matérialisation a été que nous avons eu un candidat unique à l’élection présidentielle de 2015. L’étape in fine était la création du parti unifié. Au sortir de l’Hôtel du Golf, il y avait déjà quelques réflexions mais en 2016, le directoire du Rhdp a été instruit par le président de la conférence des présidents du Rhdp à l’effet de travailler sur les statuts et les règlements intérieurs du parti unifié.

Ce document a été remis au président de la conférence des présidents du Rhdp. A cette époque, c’était d’ailleurs le ministre Amadou Soumahoro qui était le président du directoire avec le secrétaire exécutif du Pdci-Rda, Maurice Kakou Guikahué. Ces documents ont été remis, et vous vous souviendrez certainement  que le débat en 2016 était de savoir comment le parti allait  s’appeler.

« Je crois que c’est une bonne chose d’aller à ce rassemblement de tous où chacun de nous y trouvera sa place »

A l’issue d’une audience obtenue à Daoukro, il a été clairement indiqué à la face de la nation que le parti unifié s’appellera, Rhdp. C’est dans la continuité de  cette action qu’un Comité de haut niveau a été mis en place. La création du parti unifié est la volonté commune de tous les partis qui se sont engagés ensemble et ont franchi une série d’étapes. Je considère que nous devons continuer et aller au bout.

Qu’on ait des écueils en cours de route, cela peut se comprendre. Mais cela ne doit pas nous détourner de l’objectif  que nous nous sommes fixé depuis le début. L’avantage que je vois,c’est la réaffirmation, je dirai, la volonté commune d’être ensemble, gouverner et de garder un socle, une base qui, pour moi, sera essentielle pour la stabilité de notre pays à moyen et long termes.

crois que c’est une bonne chose d’aller à ce rassemblement de tous où chacun de nous y trouvera sa place et nous devons pouvoir trouver des mécanismes internes de fonctionnement à la satisfaction de tous.

« si Mme Gbagbo ou ses envoyés demandaient à rencontrer le gouvernement pour exprimer une gratitude, ce sera avec beaucoup de bonheur »

(L’Expression) : Est-ce qu’il est prévu une rencontre entre Mme Gbagbo et des membres du gouvernement ?

Moi je me dis qu’après le geste du président de la République, si Mme Gbagbo ou ses envoyés demandaient à rencontrer le gouvernement pour exprimer une gratitude, ce sera avec beaucoup de bonheur que les membres désignés du gouvernement le feraient, je pense.

() : Le mercredi 8 août dernier, après la rencontre entre les présidents Ouattara et Bédié, le PDCI  a produit un communiqué indiquant que le président Alassane Ouattara, président d’honneur du RDR et président de la République, a marqué son accord pour une réforme de la avant la tenue des élections municipales et régionales, prévue le 13 octobre.

Monsieur le Premier ministre, j’aimerais savoir, est-ce M Bédié qui a mal compris la pensée du président Ouattara ? Ou est-ce le président Ouattara qui n’a pas bien expliqué sa pensée au président Bédié ?

La réforme de la composition de la CEI est prévue pour l’élection présidentielle.

Je vais dire les choses simplement. Le communiqué était unilatéral. C’est la première chose. Sans trahir de secret, le président Bédié avait même écrit au président de la République sur la question. Le président de la République a répondu. Dans la réponse, le président de la République a indiqué que comme il l’avait dit lors de leur entretien, la réforme de la composition de la CEI est prévue pour l’élection présidentielle.

Entre les deux, je crois qu’il n’y a plus de doute sur ce qui a été dit. Puisqu’il y’a eu un écrit d’un côté et une réponse de l’autre. Au-delà de cela, je considère que ceux qui ont voulu utiliser le discours du chef de l’Etat pour dire qu’il a pris un engagement ont mal lu le discours. Puisque dans le discours lui-même, si vous le prenez et que vous le lisez, il est mentionné à l’intérieur, quand on prend l’ensemble du paragraphe concerné, c’est mentionné les élections de 2020.

Au-delà, vous devez savoir que le 18 juillet d’avant, je l’ai dit, le conseil des ministres avait déjà fixé la date des élections municipales au 13 octobre 2018. Et que les candidatures devraient être reçues 45 jours avant, conformément au code électoral. C’est-à-dire à partir de la mi-août. Clairement ce n’était pas entre le 18 juillet et la mi-août que les discussions avec la classe politique allaient permettre de régler la question de la composition de la CEI.

Cela a été toujours clair pour le chef de l’Etat que c’était pour l’élection présidentielle. Mais, au-delà, je ne vois même pas l’intérêt de ce débat. Juste une explication, les commissions locales au niveau sous-préfectorale, au niveau régional qui sont celles qui vont proclamer les élections locales des élections municipales et régionales.

La composition des CEI locales

La CEI centrale à Abidjan ne fera que recueillir les résultats. Mais les proclamations seront faites localement. La composition des CEI locales, c’est quatre personnes de l’opposition, quatre personnes de la majorité. Cette commission au niveau de la sous-préfecture est représentée par le sous-préfet ou son représentant, par le représentant du préfet de département quand elle est départementale et par le représentant du préfet de région quand elle est régionale.

Ces élections locales, la CEI qui compte, ce sont les CEI locales. Ce sont elles qui vont proclamer les résultats. Donc le débat  de la réforme de la composition de la CEI centrale est sans objet par rapport aux élections locales. Je trouve que c’est tout faire pour créer un problème là où il y’en a pas. Pour l’élection présidentielle oui. Puisque les résultats  qui sont proclamés partout au plan local sont tous envoyés à Abidjan.

« Je veux bien que la commission centrale puisse être à nouveau réformée, mais c’est sans enjeu par rapport aux élections locales »

Et c’est la CEI centrale à Abidjan qui récense les votes et qui proclame les résultats. C’est évident que chacun doit être conforme avec la CEI centrale, dont la composition actuelle, je tiens à la rappeler, a fait l’objet de débat, où au niveau de la classe politique nous avons eu l’appui du NDI et nous sommes arrivés à un consensus.

vous-même notez qu’une ordonnance avait été prise, qu’elle a été modifiée par le chef de l’Etat pour inclure le FPI qui a un poste de vice-président dans la commission centrale d’aujourd’hui. Je veux bien que la commission centrale puisse être à nouveau réformée, mais c’est sans enjeu par rapport aux élections locales. Il ne faut pas chercher les problèmes. Nous avons un pays qui a une bonne croissance.

« la majorité des Etats qui nous entourent et même un peu plus loin, nos performances sont appréciées »

Nous avons un pays au plan international qui est respecté. Nous avons des défis à relever, notamment au niveau des défis sociaux, des défis d’emploi à relever. Nous avons besoin de garder une réputation à ce pays. Il faut continuer de le rendre attractif. La compétition entre nous et beaucoup d’Etats aujourd’hui, ce n’est pas tant nos performances économiques qui posent problème, parce que sur cela, la majorité des Etats qui nous entourent et même un peu plus loin, nos performances sont appréciées. C’est sur la stabilité que les gens se posent quelquefois des questions.

Il ne faut pas contribuer inutilement à donner  une mauvaise perception du pays. Le Président prend le 6 août une ordonnance d’amnistie, donne même à tous ceux qui sortent de venir participer à cette élection locale, décide que la CEI sera réformée pour les élections de 2020, parce qu’il nous faut en 2020 une élection apaisée comme celle de 2015, pour que les Ivoiriens oublient le traumatisme de l’élection de 2010 et les conséquences de la crise post-électorale de 2011.

Il nous faut au moins deux élections présidentielles apaisées. Nous avons eu la chance d’en avoir eu une en 2015. Qui s’est traduite même après dans le fait que même ceux qui ont perdu ont adressé leurs félicitations au candidat qui a gagné. Ce sont ces conditions-là qu’il faut créer en 2020. C’est pour cela que d’emblée, le président dit, je suis prêt à discuter de la composition de la CEI pour rendre tout le monde confortable.

« nous avons suffisamment de défis à relever ensemble. nous ne pouvons pas tout faire pour créer un problème »

Nous voulons des élections apaisées. C’est quand on aura des élections apaisées en 2020 où les élections vont s’exprimer librement, ils auront choisi leur futur président de la République que ceux qui auront perdu diront : « ha oui, celui qui a gagné a gagné ». Les Ivoiriens auront confiance.

Le monde entier saura que la Côte d ‘Ivoire a fini  avec des crises politiques. comment faire qu’au plan sécuritaire, avec le départ de l’ONUCI, on considère qu’en termes sécuritaires notre pays a décidé et à la capacité de prendre son destin en  main. c’est ça l’enjeu. je suis malheureux de voir que dans cette atmosphère, il y’a en qui considère qu’il faut de toutes les manières qu’il y’a ait un problème.

on ne peut pas tout faire pour créer un problème. nous avons suffisamment de défis à relever ensemble. nous ne pouvons pas tout faire pour créer un problème. ce n’est pas acceptable.

Fabrice Tété (Le Temps) : Lors de la composition du gouvernement actuel, vous n’avez pas daigné consulter le président Bédié, alors qu’il est le président du PDCI-RDA. Pourquoi avez-vous consulté le Vice-président Daniel Duncan ?

« Moi, en tant que premier ministre je n’ai eu de compte à rendre qu’au vice-président et au président de la République »

Pour le gouvernement, de toutes les manières la consultation du président Bédié ne peut pas relaver du premier ministre. Le premier ministre, lui il dépend du chef de l’Etat et du vice-président. C’est à lui que lui, premier ministre, il rend compte. C’est que j’ai déjà dit. Moi, en tant que premier ministre je n’ai eu de compte à rendre qu’au vice-président et au président de la République. De toutes les manières, un peu ministres ne peut pas faire autrement. (…)

() : Vous avez dit que ce sont les Commissions électorales locales qui sont plus primordiales que la Commission électorale indépendante (CEI) dans la proclamation des résultats des élections municipales et régionale ; dans ce cas, pourquoi ne pas transférer la proclamation des résultats au ministère de l’Intérieur comme on le fait dans les pays démocratiques ? Selon le rapport de l’Union européenne (UE), le social n’est pas au cœur de l’action gouvernementale comme vous l’affirmez.

Ce rapport dit que les Ivoiriens ne bénéficient pas des fruits de cette croissance élevée. Ce rapport qualifie la Haute autorité pour la bonne gouvernance d’inactive ; l’Autorité nationale pour l’attribution des marchés publics manque de moyen et subit des pressions ; la Cour des comptes manque de moyens etc. Je voudrais avoir votre opinion sur ces points soulevés par le rapport de l’UE.

Sur les CEI-locales, je croyais avoir été assez clair. Pour la présidentielle, la CEI-centrale a un rôle important puisque tous les résultats provenant du territoire national font l’objet de ce qu’on appelle le recensement des votes au niveau central. Cela pouvait être confié au ministère de l’Intérieur comme c’était le cas avant.

La composition de la CEI

Mais les acteurs politiques ont estimé que pour avoir confiance, il faut qu’ils soient tous représentés au sein d’un organisme qu’on a aujourd’hui qui est la CEI. Pour rappel, la CEI centrale a à son sein quatre représentants de l’opposition, quatre représentants de la majorité présidentielle, quatre représentants de la société et quatre autres des ministères techniques et le représentant du président de la République.

Je l’ai expliqué, au niveau local, vous n’avez pas les représentants de ceux que j’ai cités. A ce niveau, vous avez quatre représentants de chacun des groupements, opposition et majorité, et le sous préfet. Et d’ailleurs le sous-préfet ou son représentant ne préside même pas la Commission. Il y a un vote qui a lieu pour décider qui est le président de la Commission locale. C’est important à noter.

Je vous l’expliquais simplement pour les élections locales. Ensuite, à partir du moment le résultat est proclamé par cette Commission locale, il n’y a pas de problème. (…) Vous savez que notre pays a toujours eu d’excellentes relations avec l’Union européenne. L’UE a même été l’un des premiers bailleurs à accompagner la Côte d‘Ivoire pour sortir de la crise postélectorale.

« Dans chaque département ministériel, des travaux sont en cours pour que nous puissions soumettre au chef de l’Etat ce renforcement du programme social »

Ces temps-ci, je dois dire que le problème a beaucoup été plus un problème de personnalité propre de l’ambassadeur qui représentait l’UE ici à Abidjan. Pour le « conflit » tel qu’il est apparu même au niveau dans les médias,  si vous rentrez dans le fond du rapport, vous avez évoqué la question sociale, ma conviction c’est qu’il y a eu des progrès.

L’autre conviction, c’est que ce n’est pas suffisant pour absorber l’ensemble de la demande sociale aujourd’hui. Je vous dis que c’est fort de ce constant qu’il y a eu des progrès mais qu’ils ne sont pas suffisants pour absorber l’ensemble de la demande sociale que le président de la République,  seulement, le 6 août, dit  à son gouvernement :  « Soumettez moi un programme qui renforce notre programme social ».

Le gouvernement que je dirige, y travaille activement. Dans chaque département ministériel, des travaux sont en cours pour que nous puissions soumettre au chef de l’Etat ce renforcement du programme social. Je ne vois donc pas le problème avec ce que vous dites. Maintenant le jugement qualitatif qu’on peut y apporter, cela peut varier d’une personne à une autre.

« Il y a une classe moyenne qui s’est créée. C’est réel. Cela se mesure au niveau de la structure de l’économie entre les secteurs primaire, secondaire et tertiaire »

Si les gens considèrent que, malgré le fait qu’on ait doublé les dépenses pro-pauvres, même si on n’a pas atteint tous les objectifs et qu’on considère que la demande sociale reste forte, que nous n’avons quand même rien fait, je ne suis pas d’accord avec cette analyse. Une croissance économique a du sens. Il y a une classe moyenne qui s’est créée. C’est réel.

Cela se mesure au niveau de la structure de l’économie entre les secteurs primaire, secondaire et tertiaire, on voit une évolution avec une part importante du secteur secondaire. Du point de vue économique, cela a du sens. Je ne suis pas d’accord avec le jugement qualitatif tel qu’il est porté.

« sur la période 2018 -2020, nous avons décidé de renforcer notre programme social »

Mais s’il s’agit de dire qu’il y a encore des défis au niveau social, je suis absolument d’accord. Raison pour laquelle, j’ai évoqué tout à l’heure l’instruction du chef de l’Etat et le fait que sur la période 2018 -2020, nous avons décidé de renforcer notre programme social. Une conférence de presse sera organisée certainement lorsque ce programme sera présenté à l’ensemble des Ivoiriens.

Dans les dernières rencontres que j’ai eues avec les partenaires techniques et financiers, nous en avons parlé. J’ai même dit que nous sommes intéressés à toute assistance de leur part pour nous permettre d’avoir le programme social qui soit le plus robuste. J’ai donné tout à l’heure des axes de réflexion. Nous devons travailler à pouvoir réduire tout ce que nous devons réduire au niveau des charges quotidiennes des citoyens.

C’est important. Et nous devons également travailler à voir comment on doit assurer un meilleur accès à tous les services sociaux, améliorer les conditions d’existence et voir où il n’y pas d’eau potable, Dieu seul sait ce que nous avons fait en la matière, aller un peu plus en réglant les questions d’assainissement.

J’ai parlé des filets sociaux, en disant que nous allons essayer de nous donner les marges y compris avec nos partenaires sociaux pour doubler voire tripler les ménages qui vont bénéficier de ces filets sociaux. Si on part avec une moyenne de 7 personnes à l’intérieur des ménages et je vous dis que 35.000 ménages en ont bénéficié, vous voyez le nombre de personnes concernées.

« Mon idée, au regard des réflexions que nous avons, c’est que la doit être couplée pour toutes les familles qui vont bénéficier de la gratuité »

Si on passe à 100.000 ménages qui bénéficient de ces filets sociaux dans 2 ans avec 7 personnes  par ménage, vous imaginez donc le nombre. La couverture maladie universelle (CMU) est extrêmement importante. Mon idée, au regard des réflexions que nous avons, c’est que la CMU doit être couplée pour toutes les familles qui vont bénéficier de la gratuité. Il faut faire le lien avec les filets sociaux.

Ce sont des familles qui auront aussi des revenus. Il faut faire un lien avec la gratuité de l’école et au niveau de la santé. Il faut mettre en contrepartie à la charge de ses parents la nécessité d’envoyer de manière effective leurs enfants à l’école. Leur dire aussi qu’il faut que les enfants soient vaccinés.

Il faut un vrai package qui fasse sortir une frange de la population d’un état de pauvreté et qui laisse entrevoir que sur le long terme, on aura des grappes entières de population qui vont sortir de la pauvreté. C’est toutes ces réflexions qui sont en cours. Je sais qu’au niveau du secteur de l’électricité, nous avons lancé une vaste opération sur la fraude sur la consommation de l’électricité qui va générer au niveau du secteur de l’électricité des ressources supplémentaires.

« Vous avez la Haute autorité pour la bonne gouvernance. On note bien, une bonne accélération de l’activité de cette structure »

Nous pouvons discuter avec la CIE, avec le ministre de l’Energie pour voir, même s’il y a déséquilibre au niveau du secteur, est-ce qu’on peut partager cette ressource supplémentaire et peut être, décider de baisser le tarif de l’électricité pour les plus défavorisés.

Il y a des réflexions qui sont en cours. Ce programme sera présenté le moment venu aux Ivoiriens. Nous sommes conscients qu’il y a des efforts à faire. Et nous travaillons sur cela pour que la croissance soit plus inclusive. Vous avez la Haute autorité pour la bonne gouvernance. On note bien, une bonne accélération de l’activité de cette structure.

Puisqu’ils ont aujourd’hui, une quinzaine de dossiers qui ont été transmis au Procureur de la République. Et ce sera continu. Je note aussi que dans don discours à la nation, le président de la République avait bien dit clairement, qu’il allait renforcer la lutte contre la corruption. Nous avons aujourd’hui des exemples qui sont en cours et donc tout ce va se renforcer.

« La Cour des comptes vient d’être mise en place, des moyens lui seront donnés et d’ailleurs, le ministre de la Justice doit réunir le conseil supérieur de la magistrature pour la nomination d’un vice-président »

La Cour des comptes vient d’être mise en place, des moyens lui seront donnés et d’ailleurs, le ministre de la Justice doit réunir le conseil supérieur de la magistrature pour la nomination d’un vice-président de la Cours des comptes. Elle sera opérationnelle et fera son travail avec efficacité.

Cette Autorité fait un bon travail. Nous nous en tenons aux réformes qui sont en cours. Sur le diagnostic, je ne suis pas d’accord sur la manière dont les choses sont formulées. Mais s’il s’agit de dire simplement que nous avons des progrès qui sont indéniables, mais qu’une demande sociale reste forte et qu’il faut la satisfaire ; c’est ce que je vous ai dit dans mon propos liminaire et je vous réaffirme que nous aurons l’occasion d’en reparler lors de l’exposé sur ce programme social. Alors une ordonnance a été prise pour l’amnistie.

Constitutionnellement, lorsqu’une ordonnance est prise, il faut qu’elle passe à l’Assemblée nationale. Donc, ce circuit sera respecté pour l’ordonnance qui a été prise concernant la libération des prisonniers de la crise postélectorale. Je ne vois pas où est le problème, je ne vois pas d’intimidation.

(Le Patriote) : Le président du PDCI, Henri Konan Bédié a demandé une loi après l’ordonnance d’amnistie signée par le chef de l’Etat le 6 aout 2018. Qu’en pensez-vous ? Le secrétaire exécutif du PDCI parle d’intimidation de certaines personnalités anti-RHDP et de certains cadres proches du président Guillaume Soro qui sont convoqués à la DST.

Qu’en est-il exactement ? Depuis un certain moment, il est constaté l’apaisement du front social grâce à la trêve signée avec les partenaires sociaux. Où en sommes-nous avec cette trêve ? Après la publication des listes aux élections locales, nous avons des membres du gouvernement qui sont parrainés à la fois par le RHDP et le PDCI et des candidats RHDP qui vont en indépendants dont le ministre Pascal Abinan. Quelles sont vos réponses concernant toutes ces questions ?

La place du PDCI au sein du RHDP

Pour parler des candidats Rhdp, il y a des Rhdp-Pdci, il y a des Rhdp qui n’avaient pas été retenus par le Pdci. Il y a des Rhdp qui avaient été retenus. Ça montre bien la diversité et la liberté que chacun a eu. Il y en a qui sont candidats, d’autres ne le sont pas. Moi je ne vois pas de pression. Je vois au contraire avec ça que chacun a choisi librement sans qu’il y ait des problèmes. A preuve, nous sommes tous ensemble, nous sommes tous là. Nous allons continuer d’être ensemble. Il n’y a pas de problème. En tout état de cause, je l’ai dis, la place du Pdci-Rda est dans le Rhdp. (…).

Mot de fin du Premier ministre

C’est un rendez vous que nous devons répéter. Je trouve qu’entre le 14 févier et aujourd’hui, il s’est écoulé beaucoup trop de temps. Nous allons essayer de faire en sorte que ce rendez avec la presse puisse être dans des périodicités plus courtes pour pouvoir quelque fois dans le fond de certains sujets.

En résumé, je peux dire que notre pays est fondamentalement sur une bonne voie. Les fondamentaux économiques du pays sont réellement solides. Mais naturellement, nous avons des défis à relever. Parmi ces défis, il y a des défis sociaux extrêmement importants à relever. Nous voulons le faire avec détermination et des orientations nous ont été données par le chef de l’Etat.

3Allons aux élections en paix, laissez les Ivoiriens se prononcer. Le dialogue politique, nous allons le reprendre pour préparer les élections de 20203

Nous voulons le faire en préservant tout l’équilibre général au niveau macro-économique. Mais pour que tout cela fonctionne, on a besoin d’une Côte d’Ivoire en paix. Je voudrais vraiment, à la limite, supplier tous les acteurs politiques pour que nous ayons un consensus minimum en nous disant qu’on veut quand même que notre pays marche, qu’on veut améliorer les conditions de vie de nos compatriotes.

Il faut qu’on ait un consensus minimum dessus. Et que ce débat se situe sur ce que chacun pense faire pour atteindre cet objectif. Et que pour ceux qui sont dans l’opposition à un moment donné puisse dire à ceux qui gouvernent, mais vous n’en faites pas assez mais nous, voilà ce que nous pensons vouloir faire et qu’ils critiquent les mesures qui ne vont dans ce sens là.

Mais quand il y a une décision comme celle que le chef de l’Etat a prise de faire une amnistie pour 800 personnes et que tous les comptes bancaires ont été dégelés conséquemment, je trouve qu’il n’y a pas de raison de tout faire pour créer un problème, une crispation artificielle. Allons aux élections en paix, laissez les Ivoiriens se prononcer. Le dialogue politique, nous allons le reprendre pour préparer les élections de 2020. Il faut qu’en 2020, celui qui a gagné a gagner et ceux qui n’ont pas gagné félicitent celui qui aura gagné. Il faut qu’on revienne dans un système apaisé.

Je vous remercie.

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